« La relance doit être paritaire » : l’appel à Macron de 120 responsables de réseaux féminins et entrepreneurs

Dans le JDD du 31 janvier 2021, 120 responsables de réseaux féminins et entrepreneurs appellent à « regarder en face l’inégalité économique entre femmes et hommes » et exhortent Emmanuel Macron à prendre « quatre mesures…Ce collectif a été piloté par Marie Eloy et Merete Buljo. J’ai fait partie des signataires en tant qu’entrepreneure avec www.axielles.com et www.assurancielles.fr et auteure impliquée.

Leur tribune : « Monsieur le président de la République, comme vous l’avez si justement dit, le monde d’après ne peut pas se résumer à seulement reprendre le cours de nos vies en niant les déséquilibres existants. Nous devons notamment regarder en face l’inégalité économique entre femmes et hommes et aller, ensemble, vers un changement profond de modèle, vers plus d’égalité, que vous avez appelé de vos vœux et auquel vous vous êtes engagé lors du G7. C’est le sens de l’Histoire. C’est aussi celui que nous voulons, avec vous, pour la France et pour les générations futures.

La parité économique n’est pas secondaire dans la crise. Qu’elle soit salariale ou entrepreneuriale, elle est une des clés majeures de la relance. Toutes les études démontrent que la mixité est vitale pour la relance économique, un monde plus vert, de nouvelles solutions, un mieux vivre ensemble et une société plus juste. L’égalité réelle augmenterait de 10% la croissance des pays développés et injecterait 28.000 milliards de dollars supplémentaires au PIB mondial à dix ans*. Sans accélération concrète de nos actions, sans volonté claire, la parité ne deviendra réalité que dans… cent cinquante ans**! Donc, trop tard.

« Nous vous proposons de soutenir une autre renaissance, celle-ci en faveur de l’égalité économique »

Nous vous proposons quatre mesures d’importance et nécessitant votre engagement immédiat :

Vidéo: Agilité stratégique : les leviers de la mise en oeuvre [Nicolas Monomakhoff] (Dailymotion)https://www.dailymotion.com/embed/video/x7yzlxn?api=postMessage&autoplay=1&id=7ge6of6i&muted=1&origin=https%3A%2F%2Fwww.msn.com&queue-enable=falseLecteur vidéo depuis : Dailymotion (Politique de confidentialité)

  1. Des quotas. Que l’on soit pour ou contre, ils fonctionnent, comme le prouve la loi Copé-Zimmermann. Alors, quand les « comex » et « codir » ne comptent que 17,5% de femmes, il est évident qu’il est temps de les imposer, avec progressivité, sur dix ans, pour constituer les viviers. Les quotas dans les filières technologiques sont également indispensables pour préserver la compétitivité de la France et garantir sa souveraineté dans les années à venir.
  2. Une revalorisation. Pour les salariées, nous souhaitons un Pay Equity Act, comme au Canada, permettant par exemple de comparer le salaire des infirmières à celui de techniciens dans un autre domaine impliquant le même niveau de responsabilité. Il n’est plus acceptable que les métiers les moins bien payés soient également les métiers les plus féminisés.
  3. Un financement. Seuls 2,6% des fonds d’investissement*** sont consacrés aux start-up portées par des femmes. L’Etat doit montrer l’exemple en appliquant le principe de l' »éga-conditionnalité » des financements publics, par ses participations et prêts directs ainsi qu’à travers les fonds qu’il soutient. Mais aussi développer un guichet unique pour les femmes entrepreneures renforçant l’action actuelle de Bpifrance.
  4. Un accompagnement. Nous souhaitons un plan national efficace pour les TPE qui diminuerait les biais existants, l’isolement, et garantirait un égal accès à l’entrepreneuriat et à sa croissance, qu’on soit femme ou homme. Cinq points : pérennisation des actions de formation numérique, incitation à être accompagné, fléchage des aides et des prêts, sensibilisation des acteurs à l’égalité économique, mixité des appels d’offres.

Toutes ces propositions sont étayées, parfois déjà travaillées par vos ministres Bruno Le Maire, Elisabeth Borne, Marlène Schiappa, Elisabeth Moreno, Agnès Pannier-Runacher, Alain Griset. Mettons-les en œuvre pour que cette crise soit une opportunité. Vous pouvez compter sur notre soutien. Vous avez souhaité agir pour la renaissance européenne. Nous vous proposons de soutenir une autre renaissance, celle-ci en faveur de l’égalité économique, la grande cause de votre quinquennat, et d’être précurseur au niveau mondial. »